J'ai repensé ce week end à la situation dans laquelle j'étais il y a un an . J'y ai repensé sans angoisse et assez paisiblement . Je peux encore ressentir des sensations comme une odeur qui nous ramène à une époque . Je peux le dire maintenant même si je n'avais jamais posé le mot dessus : c'était la dépression . La ou les raisons je ne les sais pas vraiment . J'ai mis toute ma colère sur lui , j'étais blessée puis surtout je n'avais plus aucune certitude . Faut dire que j'étais tombé sur le roi de la manipulation , tous les jours je tombais sur un nouveau mensonge . Je me retrouvais complètement déboussolée : un jour je me félicitais de l'avoir quitté et l'autre je pleurais que je l'aimais encore ....... Je me suis retrouvée sans force , à ne plus rien faire de mes journées , à ne plus me nourrir ; un engrenage de mort . Puis un soir j'ai eut cette sonette d'alarme ; j'étais dans mon lit à péter un câble et une seule pensée ne quittait plus mon esprit "me jeter dans le vide maintenant pour ne plus souffrir " . À partir de ce moment je me suis fais peur j'ai appelé à l'aide , puis je me suis laissé bercer , je pense même que je serais retourné dans le ventre de ma mère si j'avais pu . Je n'étais plus la même , mes envies n'étaient plus là , j'étais absente , et mon regard avait changé parait-il . Ce que je ressentais je n'arrivais pas à l'expliquer aux miens , j'avais vecu quelque chose de fort sans eux , et ma descente je la faisais seule . La seule chose qu'ils pouvaient faire était être là , et ils l'ont été .
Ensuite il y'a eut ce concours : l'écrit . Je me suis pointée là bas , on devait être plus de 1000 , je me suis juste demandé ce que je foutais là , n'ayant absolument rien foutu ou révisé . Je tombe sur des tests psychotechniques de fous , je coche les cases en suivant mon instinct , je ne suis absolument sure de rien . Je rentre chez moi tout le monde m'appelle "alors comment ça c'est passé ? " "oh ben on était 1000 , ils en prennent 100 , j'ai tout foiré on verra l'an prochain " . Je ne suis même pas allé voir les résultats .
En févrirer mes assedics touchent à leur fin , je vais devoir retourner bosser . Je n'ai pas envie mais bon c'est ça où être à la rue . Je retourne garder des gosses chez des particuliers , chose que je ne voulais pas, car je tombe toujours sur des cons . Cette fois encore ça n'a pas manqué , l'autre conne de maman me signale que le matin je commence à 8h30 et pas 8h31 , vous pouvez constater toute la subtilité .....L'appart où je bosse est dégueulasse , j'ai l'impression d'être dans une porcherie , jme tape leur vaisselle tous les jours qui débordent de l'évier : bref ça me déprime tellement que je dors mal et arrive tous les jours 15 minutes à la bourre ^^ .
Au bout d'un mois ma mère m'appelle "jsuis allé devant l'école , t'as réussis ton écrit " . Je n'y crois tout simplement pas , je suis juste sur un petit nuage , une lueur d'espoir m'envahit : serait-ce possible qu'en septembre ma vie évolue un peu ? Nous sommes encore 400 , va falloir que j'éllimine les autres .
L'oral arrive , mon père arrive 2 jours avant . On regarde ce que j'ai préparé , ce que je vais dire "non ça c'est à chier tu le dis pas " , il rature mes feuilles de partout , je m'énnerve que c'est quand même mon concours que je dis bien ce que je veux , puis jme souviens qu'il a le cafdes et je ferme ma gueule . On s'entraîne , on prend des sujets au hasard , je beagaie et me dis que c'est pas gagné .
Le jour J arrive , mon sujet une citation du genre "pour vivre heureux et en harmonie avec ses parents , les rythmes de bébé doivent être respectés " . Non seulement le sujet me parle mais en plus c'est un combat permanent entre moi et les parents qui ne comprenaient jamais ça . Bref j'arrive je présente mon sujet et c'est juste que du bonheur . Le jury regarde mon cv "mais ça fait 9 ans que vous travaillez avec les enfants c'est une sacrée expèrience " ...9 ans tant que ça , moi même je suis choquée , je n'avais jamais fais le decompte jusque là .
Je retourne à mon boulot de merde , en rêvant que dans quelques mois je ne serais plus là . Le jour des résultats arrive , je suis au taf . Il est hors de question que j'attende toute la journée : j'appelle ma copine pour qu'elle regarde sur le net mais elle comprend rien au site elle ne trouve pas . J'improvise une ballade matinale avec mes 2 bébés . Je traverse tout le 2ème arrondissement avec ma poussette double et je fonce à la fnac : Je suis 2ème sur la liste , je pousse un cri de joie .
Bref je passe tous les détails chiants et administratifs qui s'en suivent , les prises de tête avec mes patrons qui pensaient plus à leur ptits détails d'organistation qu'à mon avenir (en même temps de la part de gens qui bossent dans les ressources humaines on s'y attendait un peu ) , bref bref tout est cool et je me casse en syrie . Un voyage magnifique , un retour aux racines , un mariage arménien à vous faire pleurer tellement c'était beau . L'envie de vivre est là , les projets se bousculent dans ma tête et les rêves aussi .
aujourd'hui c'est mon premier stage en maternité , je porte une blouse blanche et on me regarde comme le méssie . Il y a un an , je trouvais que ça sentait la mort autour de moi , aujourd'hui je vois dés bébés naître , je calme les mains des papas qui tremblent de donner un bain à leur bébé , j'appaise les angoisses des mamans en les connectant avec leur poupon qui refusent de têter ....... En un an il s'en passe des choses , je pourrais même vous réciter un poème qui s'appelle "perception" .